Leopard 1

Le Leopard 1 est un char de combat allemand.

Pour les articles homonymes, voir Chars Leopard.

Leopard 1

Leopard 1V (1A1A4) grec en démonstration au musée des blindés de Lešany.
Caractéristiques de service
Service Septembre 1965 à 2003 (dans la Bundeswehr)
Utilisateurs 15 pays
Conflits Guerre de Bosnie
Seconde guerre d'Afghanistan
Production
Concepteur Porsche et Rheinmetall
Année de conception 1959-1964
Constructeur Krauss-Maffei et Krupp MaK
Production 4 744 exemplaires
Caractéristiques générales
Équipage 4 hommes : chef de char, pilote/conducteur, opérateur tourelle/canonnier et opérateur radio chargeur
Longueur 7,09 m (caisse)
9,54 m (avec le canon)
Largeur 3,37 m
Hauteur 2,62 m
Masse au combat Leopard 1 : 40 t
Leopard 1A1 : 41,5 t
Leopard 1A3 : 42,4 t
Leopard 1A4 : 42,5 t
Leopard 1A5 : 42,8 t
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Type De 16 mm à 70 mm d'acier[1]

Blindage espacé sur la tourelle des versions A3 et A4
Blindage rapporté sur la tourelle des versions 1A1A1 et A5

Armement
Armement principal 1 canon de 105 mm L7A3 approvisionné à raison de 60 obus (réduit à 55 sur les versions A4 et A5).
Armement secondaire 2 mitrailleuses MG3 de 7,62 mm (coaxiale et sur tourelle) approvisionnées avec un total 5 500 coups.
Mobilité
Moteur MTU MB 838 poly-carburant 10 cylindres
Puissance 819 ch (610 kW) à 2 200 tr/min
Transmission ZF 4 HP 250 automatique (4 rapports en marche-avant et 2 en marche-arrière)
Suspension Barre de torsion
Vitesse sur route 65 km/h sur route (62 km/h pour le Leopard 1A5), 24 km/h en marche-arrière.
Puissance massique De 20,75 ch/t à 19,4 ch/t suivant le modèle.
Réservoir 985 ℓ
Autonomie Jusqu'à 600 km sur route et 450 km en tout terrain.

Développement

En , la Bundeswehr engage un processus afin de se doter d’un char de combat moderne pour remplacer ses M-47 et M-48 obtenus des États-Unis et obsolètes face aux nouveaux chars soviétiques, qui sont non seulement supérieurs en nombre, mais également très performants. Dans cette optique, une première série de spécifications est émise en 1957. Elle est suivie en juin de cette année par un accord entre la France et l’Allemagne pour développer en commun le nouveau char, auquel se joint l’Italie en [2].

Le programme compte deux équipes allemandes et une française, qui sont mises en concurrence. En Allemagne, l’équipe A est composée des entreprises MaK, Luther & Jung et Porsche, sous la direction de cette dernière, tandis que l’équipé B est dirigée par Ruhrstahl et comporte également Rheinstahl-Hanomag et Henschel. Parallèlement, la décision est prise de développer une tourelle commune à l’ensemble des projets, dont la conception est confiée à Wegmann et Rheinmetall. Côté français, le développement est confié à l’Ateliers de construction d'Issy-les-Moulineaux[3].

L’équipe A est la première à réaliser des maquettes, en 1959, puis deux prototypes, livrés en . De son côté, l’équipe B prend du retard, Hanomag rencontrant d’importantes difficultés dans la conception de la motorisation et de la suspension. Finalement, elle parvient à produire deux prototypes en , mais les essais réalisés en en compétition avec les véhicules de l’équipe A amènent à privilégier ces derniers, ce qui met fin au projet B[4]. L’équipe A produit alors une deuxième série de prototypes, qui sont testés à l’automne 1962 avec différentes variantes de la tourelle. En parallèle, les Français produisent la même année le premier prototype de ce qui deviendra plus tard l’AMX-30, en vue des essais comparatifs entre les deux modèles[5]. Ceux-ci se déroulent entre août et à Mailly-le-Camp, Bourges, Satory et Meppen, sous contrôle italien, et donnent un net avantage au modèle allemand[6]. Immédiatement après, les Français annoncent ne pas être en mesure d’acheter un nouveau char, ce qui met fin au programme commun de développement : les Français et Allemands poursuivent chacun le développement de leur côté, tandis que les Italiens se tournent vers l’acquisition de M60A1 américains[7].

Le , les Allemands donnent au nouveau char le nom de « Leopard » et les cinquante exemplaires de présérie, dite « série O », sont envoyés à partir de à Münster, dans le Panzerbataillon L93, pour essais par les troupes. Avant même cette date, le Bundestag avait passé commande le de 1 500 exemplaires, qui commencèrent à sortir des chaînes d’assemblage de Krauss-Maffei le [8].

Histoire opérationnelle

La bataille de Saraci-Kalesija en Bosnie, qui opposait une unité des forces armées danoises de la FORPRONU aux bosno-serbes en 1994, a été le baptême du feu du Leopard I.

Après leur retrait du service, plusieurs dizaines sont revendus à des musées ou des acteurs privés. Le prix d’un Leopard 1A5 démilitarisé en état de marche plafonnait à 23 000  en 2016[9].

Le Leopard 1 en service dans l'Armée Belge

Le contrat d'achat de trois-cent-trente-quatre chars Leopard fut signé le jeudi 14 décembre 1967 par les ministres allemand Gerhard Schröder et belge Charles Poswick. Le premier exemplaire a été remis le 5 mars 1968 à l'escadron de Démonstration des Troupes Blindées et treize chars participèrent au défilé du 21 juillet. C'est le Centre d'Instruction des Troupes Blindées de Bourg-Léopold qui se chargea de la reconversion des équipages de M47 Patton sur le nouveau matériel. La première unité à recevoir les Leopard fut le 4ème Lanciers de Soest qui reçu ses trois premiers chars le 30 novembre 1968. Le trois-cent-trente-quatrième et dernier exemplaire était livré en 1971. En 1974, les Leopard belges reçurent un système de stabilisation du canon Add On conçu par la firme américaine Cadillac Gage, produit sous licence en Allemagne par Feinmechanische Werke Mainz GmbH et monté en Belgique dans les ateliers de l'arsenal de Rocourt. La même année, une première tranche de 120 Leopard on vu leur télémètre optique et leur calculateur balistique mécanique d'origine être remplacé par une conduite de tir intégrée AVLS (Automatisch VuurLeidingsSysteem) conçue par la SABCA, ce système intégrait un télémètre laser et un calculateur balistique électronique. La deuxième tranche subira cette modernisation entre 1980 et 1985. Ces Leopard revalorisés portent alors l’appellation Leopard SCT (Système de Conduite de Tir).

Le premier prototype du Leopard 1A5 (BE) fut officiellement remis à l'armée belge le 8 novembre 1988 et deux campagnes d'essais au camp de Bergen-Hohne s'en suivirent. Le Leopard 1A5 (BE) possède une conduite de tir TFCS[10] modifiée par la SABCA en collaboration avec la firme belge OIP, elle intègre une caméra thermique permettant de détecter une cible à 8 000 m et de l'identifier à 2 000 m. Le char possède également un nouveau système de stabilisation du canon de la firme Honeywell, un arcuremètre Ernest Leitz Canada (ELCAN) comprenant entre autres un miroir de volée monté au bout du canon, un nouveau camouflage trois tons OTAN et de nouvelles jupes latérales de protection renfermant des panneaux en céramique. Cent-trente-deux Leopard 1 furent mis au standard A5 (BE) entre le 22 février 1994 et la mi-1997 tandis que les cent-vingt-huit Leopard 1 non revalorisés ont été revendu au Brésil entre 1997 et mai 2000[11]. Du 11 au 25 octobre 2013, le char Leopard tire ses derniers coups de canon sur le polygone de tir du camp de Bergen-Hohne. Le 10 septembre 2014, l'armée belge se sépare du char Léopard, sur les derniers quatre-vingt trois exemplaires encore en service, quarante-huit sont mis en vente, vingt-quatre seront exposés en pots de fleurs, et onze autres serviront de cibles lors d'exercices[12].

Caractéristiques

Optiques et conduite de tir

Le tireur dispose de :

  • TEM-1A, ce viseur télémétrique est présent uniquement sur les modèles de présérie et le premier modèle du Leopard 1.
  • TEM-2A, un viseur télémétrique d'une base de 172 cm, traversant le toit de la tourelle sur toute sa largeur, il a une capacité de grossissement de × 16. Le TEM-2A peut déterminer des distances comprises entre 400 m et 15 000 m. La télémétrie peut s'effectuer de deux façons : par coïncidence ou par stéréoscopie, le premier mode à l'avantage de calculer la distance rapidement, le second opérant plus lentement offre une meilleure précision sur la mesure de la distance. Par rapport au TEM-1A, le TEM-2A est monté sur un support anti-chocs.
  • TZF 1A, un viseur télescopique articulé de secours, conçu par Zeiss, il possède un grossissement de × 8 et est gradué avec des lignes stadimétriques. Il est monté dans le masque, à droite du canon.

Le chef de char possède :

  • TRP-1A, un viseur périscopique monoculaire présent uniquement sur les modèles de présérie et le premier modèle du Leopard 1.
  • TRP-2A, ce viseur périscopique monoculaire est utilisé par le chef de char pour la détection d'objectifs. Ce périscope panoramique est capable de pivoter sur 360° et possède deux grossissements × 4 et × 20. Le viseur intègre un dispositif contrarotatif permettant de rester aligné sur l'objectif pendant que le chef de char rallie la tourelle sur ce dernier. Conçu par Steinheil-Lear-Siegler, il a également été copié par les Israéliens pour servir sur les premiers modèles de chars de combat Merkava.
  • PERI R12, ce viseur panoramique binoculaire est exclusivement monté sur les Leopard 1A4, conçu par la firme Carl Zeiss, il possède deux grossissements : × 2 et × 8, afin d'autoriser le tir en marche, il est stabilisé en site et en gisement, il incorpore également un intensificateur de lumière de deuxième génération permettant l'observation et le tir de nuit.
  • TRP-5(A), ce viseur périscopique binoculaire possède deux grossissements × 6 et × 20, il est rétrofité sur les Leopards mis au standard A5.


Un projecteur XSW–30–U peut éventuellement être monté sur le masque, au-dessus du canon. Le faisceau de la lampe halogène peut éclairer jusqu'à une distance de 1 500 mètres. Il peut aussi fonctionner en émettant un éclairage invisible infrarouge pour la vision de nuit.

Motorisation

Le groupe motopropulseur (GMP) est constitué du moteur diesel à quatre temps MTU MB 838 Ca M500 accouplé à la boîte de mécanismes ZF type 4HP250.

Le MB 838 Ca M500 est un moteur diesel à 10 cylindres en V possédant une suralimentation par deux compresseurs centrifuges montés en parallèle et entraînés par le vilebrequin. Il développe une puissance maximale de 830 chevaux à un régime de 2 200 tr/min, un couple maximal 3300 N m est atteint au régime de 1 600 tr/min. Sa cylindrée est de 37,4 litres pour un poids à sec de 1 900 kg.

La boîte de mécanismes 4HP250 comprend une boîte de vitesse automatique possédant quatre vitesses en marche-avant et deux en marche-arrière. La direction est de type « régénérative » à double différentiel et fournit deux rayons de braquage.

Protection

Les exigences émises par la Bundeswehr en 1957 spécifiaient que le futur char de combat allemand de 30 tonnes devait résister à des obus perforants de 20 mm tirés à proximité et tout autour du char[13].

La caisse du Léopard 1 est faite d'un assemblage de plaque en acier laminé, son glacis, épais de 70 mm présente une inclinaison de 60°, faisant doubler l'épaisseur à traverser.

La tourelle est moulée d'une seule pièce à l'exception de la partie du toit supportant les deux trappes d'accès. Elle peut recevoir un surblindage Zusatzpanzerung de chez Blohm & Voss. Les Leopard 1A3 et 1A4 possèdent une nouvelle tourelle, mieux protégée, elle est facilement reconnaissable par sa forme anguleuse et son masque en pointe de flèche qui s'expliquent par sa méthode d'assemblage par mécanosoudure.

Niveau de protection balistique des différentes tourelles en fonction de la distance d'impact :
Calibre Appellation de la munition Secteur 1A1 1A2 1A3 & 1A4 1A1A1
100 mm BR-412B face avant >2500 m 1000 m
57 mm BR-271N >2000 m 500 m
20 mm DM43 flancs 500-300 m 100 m 100 m
éclats de 155 mm M107 toit 16 m 10 m 16 m

Production

La production en grande série du char Leopard débute le et s'achève au mois de [14] et comporte un total de six lots de production. Un total de 4 744 exemplaires, toutes variantes confondues seront produits.

Leopard I

Un convoi de chars Leopard se dirigeant vers le terrain d'essai de Munster en juin 1965.

La production en grande série débute le à l'usine de Krauss-Maffei à Munich, un lot de 500 chars Leopard sortiront de l'usine entre et . Un petit nombre de chars sera aussi produit par Krupp MaK à Kiel.

Le deuxième lot, comportant 600 chars est produit entre et . Les chars de ce lot reçoivent une petite gouttière attachée en dessous de la tourelle tandis que des plaques déflectrices sont installées sur la partie supérieure de la caisse pour protéger le roulement de la tourelle. La prise externe permettant de brancher un casque audio relié au système d'interphone du char est maintenant installé dans un boîtier de forme circulaire (et non plus carrée) montée à l'arrière de la caisse.

Le troisième lot, comportant 500 chars est produit entre et . Les chars de ce lot se diffèrent du précédent par l'ajout d'anneaux de levage montés au-dessus des feux de position arrière et sur les déports de caisse à la hauteur du premier galet de roulement.

Le quatrième lot est produit entre et . Le persiennage de la grille d'échappement du moteur est révisée, les entretoises transversales laissant place à des verticales, des anneaux de levage sont aussi ajoutés. Un certain nombre de Leopard issu du quatrième lot seront produits pour être vendu à des pays étrangers.

Pour les différencier du modèle A1 après la mise en service de ce dernier, les chars Leopard se verront attribuer l'appellation non officielle de Leopard A0 et ensuite Leopard 1A0 après la mise en service du Leopard 2.

Leopard A1

Après la réception du quatrième lot par la Bundeswehr, un programme de modernisation fut lancé en 1970 afin d'améliorer l'efficacité au combat du nouveau char de l'armée ouest-allemande. Ainsi, tous les Leopard reçurent un système de stabilisation Add On conçu par la firme américaine Cadillac Gage permettant le tir en marche. Un manchon anti-arcure recouvre désormais le canon L7A3.

Des jupes latérales constituées de plaques d'acier multi-perforées recouvertes de caoutchouc viennent protéger le train de roulement en faisant détonner prématurément les ogives à charge creuse. Les chenilles Diehl D139E2 sont remplacées par les nouvelles D640A à semelles amovibles, ces dernières peuvent recevoir des crampons en forme de X pour améliorer la tenue de route du char en conditions neigeuses, 20 crampons sont montés sur le glacis du char. Un nouveau modèle de schnorchel lui permit aussi de franchir une coupure humide profonde de 4 mètres en moyennant un temps de préparation. Les dispositifs de vision de nuit du conducteur et du chef de char fonctionnant par phare infrarouge furent remplacés par des systèmes de vision de nuit dit passifs fonctionnant par intensification de lumière dénommé BIV (Bild-verstärker-Geräte).

Toutes ces modifications ont fait passer le poids du char en ordre de combat de 40 à 41,5 tonnes.

Leopard 1A1A1

Aperçu des amortisseurs sur lesquels est monté le surblindage.

Entre 1975 et 1977, les chars du premier au quatrième lot de production voient leur tourelle équipée d'un blindage additionnel dénommé Zusatzpanzerung conçu par Blohm & Voss, ce blindage rapporté consiste en un ensemble de plaques d'acier de haute dureté monté sur amortisseurs faits de plots en caoutchouc. Le niveau de protection qui en résulte est semblable à celui du Léopard A3. Le surblindage fait passer la masse en ordre de combat à 42,5 tonnes. L'appellation Léopard A1A1 est devenue Léopard 1A1A1 à la suite de la mise en service du Leopard 2.

Leopard 1A1A2

Ajout d'une caméra de télévision à bas niveau de lumière (TVBNL) PZB 200 (Passiven Ziel und Beobachtungsgerät) sur le masque à droite du canon.

Leopard A2

Le cinquième lot est produit entre et , il comporte 232 chars. La tourelle moulée dispose d'un blindage latéral plus épais. Le modèle A2 est identifiable par la forme des opercules blindés protégeant le télémètre, ces derniers sont de forme ovale au lieu d'être en forme de cercle. Ce modèle reçu plus tard un nouveau système de filtration NBC.

Leopard 1A2A1

Ajout d'une caméra de télévision à bas niveau de lumière (TVBNL) PZB 200 (Passiven Ziel und Beobachtungsgerät) sur le masque à droite du canon.

Leopard A3

Le Leopard C1 canadien reprend la tourelle mécanosoudée du Leopard 1A3.

Les 110 derniers char du cinquième lot reçoivent une nouvelle tourelle plus volumineuse. Sa forme anguleuse et son masque en pointe de flèche s'expliquent par sa méthode d'assemblage par mécanosoudure. Mieux blindée, elle comporte un blindage espacé recouvert d'une carapace faite de plaques d'acier de haute dureté. Par rapport à l'ancienne tourelle moulée, son volume interne est supérieur d'1,5 m3. Le viseur panoramique TRP-5 du chef de char est remplacé par le viseur panoramique TRP-2A (grossissements × 6 et × 20) produit par la firme Steinheil. La nouvelle tourelle du Leopard 1A3 possède aussi une petite trappe permettant l'usage d'une arme de défense rapprochée, telle qu'un lance-grenade. La masse en ordre de combat passe à 42,4 tonnes.

Leopard 1A3A1

Ajout d'une caméra de télévision à bas niveau de lumière (TVBNL) PZB 200 (Passiven Ziel und Beobachtungsgerät) sur le masque à droite du canon.

Leopard A4

Le sixième et dernier lot comporte 250 chars qui sont construits du mois d' à . Le Leopard A4 reprend la tourelle mécanosoudée du A3 mais il incorpore un certain nombre de nouveautés dans le domaine des optiques. L'opérateur tourelle dispose du viseur télémétrique EMES 12A1, asservi à une conduite de tir, ce dernier permet de faire but sur cible mobile, il est également doté de filtres laser. L'opérateur tourelle a aussi à sa disposition un viseur de secours TZF-1A monté à travers le masque du canon. Le chef de char possède un viseur panoramique binoculaire PERI R12 (grossissements × 2 et × 8) conçu par Carl Zeiss, afin d'autoriser le tir en marche, il est stabilisé en site et en gisement, il incorpore aussi un intensificateur de lumière de deuxième génération. Les viseurs de l'opérateur tourelle et du chef de char sont asservis à la conduite de tir FLER-H, fonctionnant avec un calculateur électronique analogique, le volume occupé par cette dernière réduit le nombre de munitions embarquées de 60 à 55. La trappe permettant l'usage d'une arme de défense rapprochée est omise. L'appellation A4 fut changée à 1A4 lors de la mise en service du Leopard 2. Le Leopard A4 est une centaine de kilogrammes plus lourd que la version A3.

Leopard 1A5

Un programme visant à étudier les possibilités de modernisation des chars de combat Leopard 1 est entrepris en 1980 dans le but de maintenir leur efficacité au combat au-delà de l'an 2000 grâce à une amélioration de leur puissance de feu.

Après des essais comparatifs en , c'est le viseur EMES-18 de chez Krupp-Atlas Elektronik qui est retenu face aux viseurs EMES-12A4 et EMES-17 et proposé respectivement par Carl-Zeiss et AEG-Telefunken. En tant que maître d’œuvre, la firme Wegmann s'est chargé de mettre 1 225 Leopard 1 issus du premier au quatrième lot au standard 1A5, les premiers exemplaires sont livrés à la Bundeswehr au début de l'année 1987.

Le viseur du tireur EMES-18 est dérivé du viseur EMES-15 monté sur le Leopard 2, il partage donc un certain nombre de ses composants avec ce dernier tel que le bloc optique compris dans la tête de visée. L'ensemble dispose d'une voie jour directe, une voie infrarouge thermique et un télémètre laser.

Rendu inutile, le télémètre optique TEM 2A a été démonté et l'opercule protégeant sa lentille gauche est scellé avec des plaques de blindage circulaire. L'EMES-18 est situé devant le poste du tireur, à l'avant-droite de la tourelle.

Versions spécialisées

  • Leopard Biber : char poseur de pont
  • Flugabwehrkanonenpanzer Gepard : système d'arme anti-aérien auto-propulsé
  • Leopard Dachs (en français : blaireau): muni d'une pelle à mât télescopique pour creuser

Opérateurs

Opérateurs actuel du Leopard 1 en bleu
Ancien opérateus en rouge.

Le « Leopard 1 » dans ses différentes versions a été vendu à plus de 13 pays dans le monde :

  • Allemagne de l'Ouest
  • Brésil : 230 Léopard 1A5 de seconde main acquis en 2006, décision d'en moderniser 116 en 2021 pour une fin de vie prévue vers la fin des années 2030[15].
  • Australie
  • Belgique : En 1966, l'armée belge décide de s'équiper du char Leopard 1 en remplacement de ses M47 Patton, 334 Leopard 1BE sont réceptionnés entre 1968 et 1971 équipant un maximum de 8 régiments blindés à 40 chars par unité ainsi qu'une école. En service jusqu'au pour les 83 ultimes exemplaires destinés au combat[16],[17];
  • Canada : 114 Leopard 1 C1 sont livrés entre 1977 et 1978 ainsi des engins de dépannage et des poseurs de ponts, la majorité sont mis en œuvre par le 4e Groupe-brigade mécanisé du Canada stationné en Allemagne de l’Ouest jusqu'en 1993. En 2001, le Canada décide de moderniser sa flotte de Leopard. Le C2 est une version améliorée du Leopard A5 ; ses modifications consistent en un changement du système informatique, des radios, du système de conduite de tir de nuit et de stabilisation. La mise à jour comprend l'ajout du surblindage MEXAS moyen qui lui procure une protection supérieure. Cette version du Leopard est la dernière et la meilleure de ce modèle. Les derniers sont retirés du service fin 2017[18].
  • Estonie : 6 engins de dépannage Leopard I ex-norvégiens livré à partir de 2017[19].
  • Pays-Bas
  • Norvège

Dans la culture populaire

  • Dans le jeu vidéo War Thunder le Leopard est disponible en 5 versions :
    • Le Leopard I est un char moyen allemand de rang V avec une cote de combat de 7.3 (AB/RB/SB). Il a été introduit dans la mise à jour 1.51 « Cold Steel ».
    • Le Leopard A1A1 (également connu sous le nom de 1A1A1)est un char moyen allemand de rang VI avec une cote de combat de 8.7 (AB / RB / SB). Il a été introduit dans la mise à jour 1.63 « Desert Hunters ».
    • Le Leopard 1A5 est un char moyen allemand de rang VI avec une puissance de combat de 9.0 (AB/RB/SB). Il a été introduit dans la mise à jour « New Power ».
    • Le ◉ Leopard 1A5 est un char moyen italien de rang VI avec une cote de combat de 9.0 (AB/RB/SB). Il a été introduit dans la mise à jour « New Power ».
    • Le Leopard A1A1 (L/44) est un char moyen allemand de rang VI avec une cote de combat de 9.0 (AB / RB / SB). Il a été introduit dans la mise à jour 1.81 « Les Valkyries ».
  • On peut également jouer le Leopard 1 dans World of Tanks ainsi que 2 autres versions prototypes, un allemand et un italien.
  • Dans le jeu vidéo de stratégie Empire Earth, il est possible de construire des chars Léopard dans les usines de chars durant l'ère atomique – Moderne (époque 12), ces chars sont efficaces contre les autres chars. Il est l'amélioration du Panzer, et est retiré de la production à partir de l'ère Numérique.
  • Dans la série de jeux vidéos tactiques Wargame développés par Eugen interactive, il est possible de déployer et commander des chars d'assaut Leopard 1 de différentes versions, y compris des versions uniques d'export.

Notes et références

  1. http://desmond.imageshack.us/Himg843/scaled.php?server=843&filename=nowyobrazmapybitowej6j.png&res=landing
  2. Jerchel 1995, p. 3.
  3. Jerchel 1995, p. 3-4.
  4. Jerchel 1995, p. 4.
  5. Jerchel 1995, p. 5-6.
  6. Jerchel 1995, p. 6.
  7. Jerchel 1995, p. 7.
  8. Jerchel 1995, p. 6-7.
  9. http://forcesoperations.com/que-sont-devenus-les-chars-de-combat-belges/
  10. (en) « Leopard 1 », sur army-guide.com (consulté le )
  11. (fr + nl) Raymond Surlemont, « Plus de trente années de carrière du char Leopard I au sein des troupes blindées belges. », Militaria Belgica 1999-2000, Bruxelles : Société des Amis du Musée Royal de l'Armée, 1999-2000
  12. « L'armée belge se sépare du char Léopard », sur lecho.be, (consulté le )
  13. (en) Michael Jerchel, Leopard 1 Main Battle Tank 1965-95, Osprey Publishing, , 48 p. (ISBN 978-1-85532-520-3), p. 3
  14. Site internet www.armyrecognition.com __"Leopard 1 char de combat principal- Main battle tank".
  15. https://blablachars.blogspot.com/2021/01/modernisation-des-leopards-1a5.html?m=1
  16. Guy Verbruggen, « Derniers coups de canon pour le Leopard », sur Armée belge, (consulté le )
  17. « L'armée belge se sépare du char Leopard », sur Radio-télévision belge de la Communauté française, (consulté le ).
  18. (en) Scott Franklin, « A Farewell To The Leopard 1 Main Battle Tank », sur http://espritdecorps.ca/, (consulté le ).
  19. (en) Richard Tomkins, « Estonia receives first armored vehicles from Netherlands » (consulté le ).

Voir aussi

Bibliographie

(en) Michael Jerchel, Leopard 1 Main Battle Tank : 1965-1995, vol. 16, Londres, Osprey Publishing, coll. « New Vanguard », (ISBN 1855325209).

Articles connexes

Liens externes

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