Fillé

Fillé ou Fillé-sur-Sarthe[1] est une commune française, située dans le département de la Sarthe en région Pays de la Loire, peuplée de 1 489 habitants[2] (les Filléens).

Pour les articles homonymes, voir Fille (homonymie).

Fillé

La mairie.
Administration
Pays France
Région Pays de la Loire
Département Sarthe
Arrondissement La Flèche
Intercommunalité Communauté de communes du Val de Sarthe
Maire
Mandat
Luc-Marie Faburel
2020-2026
Code postal 72210
Code commune 72133
Démographie
Gentilé Filléen
Population
municipale
1 489 hab. (2019 )
Densité 148 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 53′ 54″ nord, 0° 07′ 36″ est
Altitude Min. 35 m
Max. 73 m
Superficie 10,07 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Le Mans
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de La Suze-sur-Sarthe
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : France
Fillé
Géolocalisation sur la carte : France
Fillé
Géolocalisation sur la carte : Sarthe
Fillé
Géolocalisation sur la carte : Pays de la Loire
Fillé
Liens
Site web mairie-fille.org

    La commune fait partie de la province historique du Maine[3], et se situe dans le Haut-Maine (Maine blanc).

    Géographie

    Situé à 15 km au sud-ouest du Mans, Fillé occupe la basse vallée alluvionnaire de la Sarthe. Le village est installé sur la rive droite de la rivière et doit son développement au passage du cours d’eau. Les terres sont sablonneuses et relativement pauvres. Ces alluvions ont créé des carrières d'où est extrait du sable et des graviers depuis les années 1970 jusqu’aux années 1990 ; elles sont maintenant transformées en plans d’eau.

    Le relief de la commune est assez plat du fait des divagations de la Sarthe qui s’installe dans sa position actuelle il y a environ 12 000 à 15 000 ans. Seule la partie ouest de la commune, vers les hauteurs de Saint-Fraimbault, offre un relief plus prononcé. En effet le point culminant est à une altitude de 73 mètres alors que la rivière est à une altitude moyenne de 40 mètres.

    La population de Fillé-sur-Sarthe connait une croissance importante à partir du milieu des années 1970. Alors que le nombre d’habitants tournait entre 445 et 525 entre 1901 et 1968, le recensement de 1975 indique 675 personnes. Puis un deuxième palier apparait dans les années 1990 ; la population atteint le millier d’habitants. Les chiffres de 2006 nous donnent 1 486 habitants sur la commune de Fillé-sur-Sarthe. C’est un phénomène classique de périurbanisation ; le charme de la commune et la proximité du Mans, et de la zone industrielle Sud, attirent les populations. Plusieurs lotissements apparaissent autour du bourg, centre ancien du village.

    Communes limitrophes

    Communes limitrophes de Fillé
    Voivres-lès-le-Mans Spay
    Roézé-sur-Sarthe
    Guécélard

    Urbanisme

    Typologie

    Fillé est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[4],[5],[6].

    Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction du Mans, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 144 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[7],[8].

    Occupation des sols

    Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

    L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (66,3 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (64,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (26,7 %), prairies (22,5 %), zones agricoles hétérogènes (17,1 %), eaux continentales[Note 3] (14,7 %), forêts (11,1 %), zones urbanisées (7,8 %)[9].

    L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[10].

    Histoire

    L'origine du nom Fillé n'a jamais été clairement établie. Dans un bref article, Lucien Bezard[11] a fait le tour de la question. Il propose une origine venant Filliacus venant du gentilice Fillius. Les découvertes récentes de quelques indices archéologiques gallo-romains dans le bourg confortent aujourd'hui cette hypothèse.

    La présence préhistorique est attestée par la mise au jour de quelques outils en silex à proximité de la rivière (grattoir, perçoir, etc.)[12]. On notera également la découverte d'une meule dormante remontant à l'époque néolithique[13]. Il faut noter aussi le toponyme Pierre Aube (la Pierre Blanche) qui semble indiquer qu'un mégalithe se trouvait anciennement à Fillé. Une monnaie romaine, un sesterce de Lucius Verus, trouvée au XIXe siècle laisse supposer la présence d'une occupation gallo-romaine[14]. Cette occupation romaine est aujourd'hui attestée par la découverte d'indices archéologiques (tuiles, céramiques) dans quelques endroits de la commune.

    Douze sarcophages de pierre furent découverts en 1841 à proximité de la Beunêche[15]; ce dernier lieu-dit se situe sur la commune de Roëzé-sur-Sarthe mais limitrophe de Fillé. On peut cependant supposer que ces sarcophages ont été trouvés à l'emplacement de l'actuel château « italien » qui fut construit à cette époque. Notons également la découverte dans ce secteur d'indices archéologiques gallo-romains (site en cours de déclaration).

    Le développement médiéval de la paroisse est lié à l'importante seigneurie de Buffes qui se situe sur l'autre rive de la Sarthe. C'est de cette seigneurie que dépendait à l'origine le moulin de Fillé. Elle devait contrôler le passage à gué puis par bac sur l'autre rive. Plus tard la terre du Gros Chesnay (propriété des Le Boindre puis des Daniel de Beauvais) devient la principale seigneurie jusqu'à la Révolution[16],[17].

    En novembre 1795, la commune intègre à son territoire la paroisse de Guécélard et se nomme alors Fillé-Guécélard, la mairie et l'école se situant à Fillé, une école dite « de hameau » est néanmoins construite à Guécélard en 1877 qui devient commune à part entière le 30 juillet 1880[18]. Le paysage filléen sort de sa monotonie à la fin du XIXe siècle avec le passage du tramway et devient un rendez-vous prisé des Manceaux.

    Au cours du XIXe siècle, la vie de la commune est modifiée par la révolution des transports. Ainsi en 1862 est ouvert le canal de Fillé à Roëzé. Il permet d'éviter les chaussées et barrages des moulins de Fillé et de la Beunêche (commune de Roëzé). D'une longueur de 4,5 km, il voit passer environ 150 bateaux par an dans les premières années de son exploitation. Mais à la même époque, la ligne ferroviaire Le Mans-Angers est mise en circulation et vient fortement concurrencer la navigation fluviale. À la fin du XIXe siècle, le tramway traverse la commune. C'est l'occasion pour celle-ci de se doter d'un pont qui permet un franchissement aisé de la rivière. En effet, traditionnellement le passage de la rivière s'effectue dans le bourg à l'aide du passeur. Comme de nombreuses communes, Fillé demande la construction d'un pont. Les travaux commencent en 1896 d'après les plans de l'ingénieur breton Louis Auguste Harel de la Noë alors ingénieur en chef des Ponts et Chaussées de la Sarthe ; la structure métallique est l'œuvre des Ateliers de construction Forges et Fonderie d'Hautmont. Le 9 janvier 1897, se déroule l'épreuve du pont avec une locomotive de 15 t et 4 wagons chargés de ballast pesant chacun 12,750 t soit un total de 68 tonnes. La ligne est ouverte à la circulation le 13 septembre 1897.

    Le 7 août 1944, les chars américains arrivent depuis la route des Vignes, les Allemands sont présents dans le village et l'altercation est inévitable. Les blindés américains prennent position pour débusquer l'ennemi tandis que certains soldats allemands sont cachés dans le clocher. Les échanges d'artillerie sont violents et l'église ainsi que quelques habitations brûlent. Le lendemain, les accrochages continuent car certains soldats allemands sont cachés dans les chapelles du cimetière. Le 8 août 1944, le village est libéré.

    Depuis 1990, la commune connaît un important développement lié à la proximité du Mans mais aussi à une dynamique politique de croissance qui a permis le doublement de la population en quelques décennies.

    Politique et administration

    L'ancienne mairie.
    Liste des maires successifs
    Période Identité Étiquette Qualité
    1989 2008 Gérard Choisnet   Retraité SNCF
    mai 2020 Loïc Trideau[19] EELV Enseignant technique
    mai 2020[20] En cours Luc-Marie Faburel SE Retraité des télécommunications
    Les données manquantes sont à compléter.

    Démographie

    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[21]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[22].

    En 2019, la commune comptait 1 489 habitants[Note 4], en diminution de 3 % par rapport à 2013 (Sarthe : −0,46 %, France hors Mayotte : +2,17 %).

    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    9139329111 0021 1741 1081 1651 2121 316
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    1 2561 3001 2891 2311 184591580569548
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    520522526498511471467445467
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
    5014706177448361 0861 4861 5201 510
    2019 - - - - - - - -
    1 489--------
    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[23] puis Insee à partir de 2006[24].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Lieux et monuments

    • Moulin banal du XVe siècle récemment restauré.
      Le moulin à eau du XVe siècle.
    • Château du Gros Chesnay du milieu du XVIIe.
    • Pont métallique sur la Sarthe, ouvrage d'art édifié en 1896 par l'ingénieur breton Louis Auguste Harel de La Noë.
    • Les berges de la Sarthe et du canal de Fillé sont régulièrement fréquentées par les pêcheurs et les nombreux promeneurs.

    En 1995, le maire du village, Gérard Choisnet, amoureux du Moulin et conscient de l'intérêt du site s'accorde avec le propriétaire pour une location avec promesse d'achat et, finalement en avril 2000, le propriétaire du site et dernier meunier Raoul Cosnier a signé l'acte de vente avec la communauté de communes du Val de Sarthe. Très vite, un projet de centre de loisirs fluvial est ébauché, le moulin est restauré par l'Association du moulin de Fillé, créée en 1996 également à l'initiative de la municipalité, et les bâtiments de la ferme du Moulin vont être également rénovés.

    Le lieu réhabilité par la communauté de communes et inauguré le samedi 28 juin 2008 doit remplir une mission culturelle à plusieurs volets. Le premier est bien évidemment l’activité de meunerie déjà active à travers l’association de sauvegarde qui avait réhabilité la roue et animait depuis plusieurs années le site en fabriquant à nouveau de la farine.

    Le second volet concerne les activités de loisirs liées à l’eau omniprésente à travers la base nautique. Un peu plus tard sera construite sur le haut du site une guinguette pour faire revivre cette tradition très présente sur les bords de Sarthe au XIXe siècle.

    La grange et la maison du meunier ont été réaménagées pour accueillir des artistes invités à produire des œuvres in situ au cours de résidences.

    Patrimoine religieux

    L'église est bombardée dans la soirée du 7 août 1944 lors de la libération de Fillé par des chars américains. La reconstruction de l'église est entreprise en 1947 et terminée en 1956. Statue de la Vierge du XVIIe en terre vernissée que l'incendie de 1944 a laissée seule indemne.

    L'église Saint-Martin-de-Vertou.

    Personnalités liées

    • Henri Vallée (1865 à Fillé - 1901), constructeur automobile, créateur de divers modèles dont un engin de course original surnommé la « Pantoufle ». Un trophée en son honneur a lieu tous les ans[25].

    Voir aussi

    Notes et références

    Notes

    1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
    2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
    3. Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
    4. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2021, date de référence statistique : 1er janvier 2019.

    Références

    Altitudes, superficie : répertoire géographique des communes[26].
    1. L'Insee et le COG (officiel) ont retenu « Fillé », la commune (), la communauté de communes () et parfois les administrations (Pdf) ont opté pour « Fillé-sur-Sarthe ».
    2. Population municipale 2019.
    3. Claude-Marin Saugrain, Dictionnaire universel de la France ancienne et moderne et de la Nouvelle France, vol. 2, , p. 1210
    4. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
    5. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
    6. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
    7. « Liste des communes composant l'aire d'attraction de Le Mans », sur insee.fr (consulté le ).
    8. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
    9. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
    10. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
    11. Lucien Bezard, Remarques toponymiques, La Province du Maine, Tome XVI, 1908, p. 155.
    12. Outils préhistoriques à Fillé
    13. Meule dormante à Fillé
    14. Carte archéologique de la Gaule, La Sarthe 72, Académie des Inscriptions et Belles Lettres, 2001, p.230
    15. N. Desportes, Bibliographie du Maine précédée de la description topographique et hydrographique du diocèse du Mans, Sarthe et Mayenne, Le Mans, 1844, p. 55
    16. Château du Gros Chesnay
    17. Les jardiniers du Gros Chesnay
    18. Réélection 2014 : « Les nouveaux maires et adjoints élus ce week-end », Le Maine libre, (consulté le ).
    19. « Municipales à Fillé-sur-Sarthe. Les nouveaux conseillers désignent leur maire », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le ).
    20. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
    21. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
    22. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
    23. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019.
    24. « Le 29e trophée Henri-Vallée est parti du village », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le )
    25. Site de l'IGN.

    Liens externes

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