Démographie de la Turquie

Cet article contient des informations sur la démographie de la Turquie, incluant, entre autres, des statistiques démographiques sur les natalités, les mortalités, les migrations ainsi que sur les groupes culturels, ethniques et religieux.

Démographie de la Turquie

Évolution démographique de la Turquie
Dynamique
Population 83 614 362 hab.
(2020)[1]
Évolution de la population 0,49 % (2018)[2],[3]
Indice de fécondité 1,88 enfant par [4]
(2019)[5]
Taux de natalité 15,4  (2018)[6],[7]
Taux de mortalité  (2018)[8],[9]
Taux de mortalité infantile 16,9  (2018)[10]
Âges
Espérance de vie à la naissance 75,3 ans (2018)[11]
Hommes : 72,9 ans
Femmes : 77,7 ans
Âge médian 31,4 ans (2018)[12]
Hommes : 30,9 ans
Femmes : 31,9 ans
Structure par âge 0-14 ans : 24,26 %
15-64 ans : 67,96 %
65 ans et plus : 7,79 %
Sex-ratio (2018)
Population totale 101 /100
À la naissance 105 /100
Par tranche d'âge 0-14 ans : 105 /100
15-24 ans : 104 /100
25-54 ans : 103 /100
55-64 ans : 99 /100
65 ans et + : 81 /100
Flux migratoires (2018)
Taux de migration −4,5 
Composition linguistique
Turc (officiel)  
Kurde  
Autres  
Composition ethnique (2022[13])
Turcs 70 à 75 %
Kurdes 19 %
Autres 7 à 12 %
Composition religieuse (2017[13])
Islam 99,2 %
Christianisme 0,6 %
Autres 0,2 %

Évolution de la population

Évolution récente de la population[14]
AnnéePopulation
(au 31 décembre)
Évolution
201174 724 269
201275 627 384+ 1,21 %
201376 667 864+ 1,38 %
201477 695 904+ 1,34 %
201578 741 053+ 1,35 %
201679 814 871+ 1,36 %
201780 810 525+ 1,25 %
201882 003 882+ 1,47 %
201983 154 997+ 1,40 %
202083 614 362+ 0,55 %
202184 680 273+ 1,27 %

La croissance démographique turque est nettement supérieure à celle des autres pays européens (environ 1,4 % par an). En 2020, la Turquie dépasse la population de l'Allemagne pour devenir le deuxième pays le plus peuplé d'Europe derrière la Russie.

Les projections ci-dessous ont été réalisées en 2018 par l'Institut statistique de Turquie[15],[16].

Projections (2018)[15],[16]
Année Population
2023 86 907 367
2040 100 331 233
2060 107 095 998
2080 107 100 904

Évolution des principaux indicateurs démographiques

Projections des Nations unies[17]
Période Naissances annuelles Décès annuels Solde naturel annuel Taux de natalité (‰) Taux de mortalité (‰) Solde naturel (‰) Indice de fécondité Taux de mortalité infantile
1950-1955 1 108 000 431 000 677 000 48.4 18.8 29.6 6.30 167.4
1955-1960 1 237 000 485 000 752 000 46.9 18.4 28.5 6.15 163.9
1960-1965 1 328 000 529 000 799 000 44.3 17.6 26.7 6.05 160.5
1965-1970 1 355 000 562 000 792 000 40.3 16.7 23.6 5.70 156.9
1970-1975 1 451 000 564 000 887 000 38.7 15.0 23.7 5.30 141.3
1975-1980 1 523 000 545 000 977 000 36.4 13.0 23.4 4.72 119.4
1980-1985 1 579 000 505 000 1 074 000 33.8 10.8 23.0 4.15 96.7
1985-1990 1 433 000 457 000 976 000 27.7 8.8 18.9 3.28 78.0
1990-1995 1 419 000 432 000 987 000 25.1 7.7 17.4 2.90 63.0
1995-2000 1 382 000 399 000 983 000 22.6 6.5 16.1 2.57 45.5
2000-2005 1 296 000 373 000 923 000 19.7 5.7 14.0 2.23 31.4
2005-2010 1 316 000 384 000 932 000 18.7 5.5 13.2 2.15 24.0

Natalité

Évolution des principaux indicateurs au cours des dix dernières années[18]
AnnéeNaissancesTaux de natalité
(pour 1 000 habitants)
Indice de fécondité
(enfants par femme)
20111 252 81216,92,05
20121 294 60517,22,11
20131 297 50517,02,11
20141 351 08817,52,19
20151 336 90817,12,16
20161 316 20416,62,11
20171 299 41916,22,08
20181 255 25815,42,00
20191 188 52414,41,88
20201 115 82113,41,76
20211 079 84212,81,70
Taux de fécondité par province en 2021[19].
  • 3 à 4 enfants par femme
  • 2 à 3
  • 1,5 à 2
  • 1 à 1,5
Pyramide des âges en Turquie en 2017.

C'est dans la région de l'Anatolie du Sud-Est que la natalité est la plus élevée. En 2020, le taux de fécondité y atteint 2,83 enfants par femme et le taux de natalité est de 22,4 .

La baisse de fécondité entre 2001 et 2008 est notamment due à la baisse de près de 17 % du nombre des naissances dans le sud-est de la Turquie, à majorité kurde[20]. Cette baisse est à mettre en relation avec l'augmentation de l'offre, en matière de santé, proposée par le gouvernement turc (contraception…) et le début du planning familial, inexistant jusqu’alors, dans cette région.

Composition ethnique et religieuse

Population de la Turquie en fonction de la langue maternelle
Langues Recensement 1935[21]Recensement 1945[22]Recensement 1965[22]
Nombre %Nombre %Nombre %
Turc13,828,00087.516,598,03788.328,175,57990.2
Kurde1,473,0009.31,476,5627.92,108,7216.9
Zazaki147,7070.5
Arabe145,0000.9247,2041.3368.9711.2
Grec109,0000.788,6800.549.1430.2
Adyguéen92,0000.666,6910.457,3370.2
Ladino79,0000.551,0190.39,1240.0
Arménien77,0000.556,1790.332,4840.1
Laze46,9870.327,7150.1
Géorgien40,0760.232,3340.1
Abaza8,6020.010,6430.0
Autres110,1370.6157,4490.5
Total15,803,00018,790,17431,391,207

Histoire

Durant les siècles ottomans et notamment depuis l'âge d'or de cet empire (XVIIe siècle), un système dit « des Millets » (« nations » au sens confessionnel du terme) fut mis en place : il n'y avait pas de statistiques ethniques ou religieuses à proprement parler, mais la collecte de l'impôt, notamment du haraç, a produit des registres qui nous renseignent sur la démographie de l'époque[23]. Ce système était conforme au droit islamique, avec les notions de Dar-al-Islam maison de la soumission à Dieu » ou monde islamique : les musulmans), Dar-al-Ahd (maison de la trêve ou monde des soumis ou Dhimmis, des vassaux et des alliés, avec lesquels les musulmans sont en paix) et Dar-al-Harb maison de la guerre » ou monde ennemi avec lequel les musulmans sont en conflit). Les Millets non-musulmans s'intègrent dans le Dar-al-Ahd en tant que Dhimmis. Le premier millet : Rum milleti, reconnu dès la prise de Constantinople (1453), correspondait à l'Église orthodoxe. Le second à être reconnu, au moment de la prise de Trébizonde (1461), fut le millet arménien (millet-i sadika, « millet fidèle », avec juridiction sur tous les chrétiens d'Orient (assyriens, coptes, syriaques, catholiques et même bogomiles). Le troisième fut le millet juif, dès la fin du XVe siècle (mais sans charte officielle avant 1839). Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, d'autres millets furent créés pour les Églises chrétiennes d'Orient, pour les uniates (un millet catholique unique reconnu par le Traité d’Andrinople de 1829, confirmé par un firman de 1830), pour les protestants (arméniens, assyriens ou arabes)[24], mais aussi pour deux communautés juives « hétérodoxes » : les karaïms, reconnus comme millet par le sultan Abdul-Hamid en 1900, puis en Égypte en et les samaritains, reconnus à la fin du XIXe siècle en Palestine[25].

Pour sa part, la République Turque, en adoptant la laïcité le , a aboli ce système, mais pas les statistiques ethno-religieuses : jusqu'en 1965, la langue, la religion et l'ethnie sont recensées avec précision et rendues publiques[26]. Au XXIe siècle, ces données sont toujours recueillies mais sont désormais confidentielles : il est donc impossible de donner des chiffres précis en ce qui concerne l'appartenance linguistique, ethnique et religieuse[26].

Didar-i Hürriyet kurtarılıyor (la Liberté sauvée) : carte postale de 1908 saluant la constitution ottomane du , figurant le sultan Abdul-Hamid, les différents millets de l'empire (Turcs avec les drapeaux rouges, Arabes avec les drapeaux verts, Arméniens, Rum grecs) et la Turquie (non voilée) se relevant de ses chaînes. Dans l'esprit du firman impérial de 1856, l'ange symbolisant l'émancipation porte une écharpe avec les mentions « Liberté, Égalité, Fraternité » en turc (hürriyet, müsavat, uhuvvet ) et grec (ελευθερία, ισότης, αδελφότης).
Les langues parlées en Anatolie en 1910.
Les communautés en Turquie en 2010.

Par ailleurs, le nationalisme qui s'est développé dans toutes les communautés depuis le XIXe siècle[27] au sein des « renaissances culturelles » des minorités (grecque, bulgare et autres) et de la majorité (mouvement des Jeunes-Turcs et autres réformistes, kémalisme)[28] s'est historiquement traduit par un recul territorial de l'Empire ottoman confronté notamment à l'impérialisme russe et culminant au traité de Sèvres par une quasi-partition de la Turquie, abolie de justesse par le Traité de Lausanne (1923), mais au prix d'échanges de populations obligatoires[29], de sorte que les questions démographiques restent jusqu'à nos jours politiquement très sensibles et donc sujettes à manipulations selon les propagandes des uns ou des autres[30].

La plupart des démographes admettent ce que les nationalistes réfutent : la majorité des « Turcs d'origine turque » contemporains ne sont pas de « purs Turkmènes » venus d'Asie centrale mais descendent des populations qui vivaient depuis des siècles en Anatolie ou dans les Balkans, et qui, au fil des siècles, furent assimilées par les Ottomans[31] en adoptant l'islam ou la langue turque ou les deux, de la même façon que les Arabes assimilèrent au Maghreb une bonne partie des populations berbères. En 1914, ce lent processus n'était toujours pas achevé en « Anatolie orientale » (Doĝu Anadolu), appellation officielle qui comprend le Kurdistan turc, le pays pontique et des régions peuplées jusqu'au génocide de 1915-1916 d'Arméniens et d'autres minorités non-turques, où vivraient encore au XXIe siècle quelques dizaines, voire centaines de milliers de musulmans arménophones (Hémichis convertis depuis le XVIIe et le XIXe siècles) et hellénophones (Pontiques musulmans), ainsi que, peut-être, des crypto-chrétiens[32].

En outre, au cours de leur histoire, l'Empire ottoman et la République turque ont accueilli des centaines de milliers de réfugiés, tradition fort ancienne relevant du zakāt (زَكَاة) qui est l'un des « cinq piliers » de la foi musulmane[33] :

Aujourd'hui, un pourcentage non négligeable de la population turque descend de réfugiés venus des Balkans, de Crimée, du Caucase ou d'autres régions européennes. De même, une partie des immigrés originaires de Turquie en Europe occidentale sont eux-mêmes issus de ces migrations, tout comme leurs homologues grecs d'ailleurs, parmi lesquels de nombreux Micrasiates et Pontiques ou leurs descendants.

Données génétiques

L'analyse en composantes principales de plus de 500 000 génotypes de SNP confirme les données historiques : l'ascendance génétique des Turcs est à 38% européenne, 35% moyen-orientale, 18% sud-asiatique et 9% d'Asie centrale[36]. La structure génétique dans les échantillons observés était homogène et unique[36].

Aujourd'hui

Au XXIe siècle les 12 à 17 millions de Kurdes constituent la plus forte minorité du pays[37], sachant que selon les sources officielles et les recensements, ils ne sont pas toujours décomptés comme « Kurdes »[38],[39], mais comme « Turcs montagnards »[40]. Ils sont locuteurs du kurmandji, du zazaki et aussi, par la scolarisation, du turc. La Turquie contemporaine compte également des minorités musulmanes, arabes (le long de la frontière syrienne), lazes, géorgiennes (chvenebures (en) ou adjares) et « réfugiées » dites muhadjires : Turcs et autres musulmans en provenance des Balkans (Albanais, Bosniaques, Gorans, Moglénites, Pomaques, Sandjakis, Tatars de Bulgarie ou de Roumanie…), du Caucase (Balkars, Karatchaïs, Circassiens, Tchétchènes…), d'Asie centrale (notamment turcophones) ou de l'Afrique orientale (notamment d'Égypte, du Soudan et de la Corne de l'Afrique qui ont eu des liens historiques avec l'Empire ottoman).

Parmi les minorités chrétiennes, il subsiste quelques milliers de descendants des rescapés du nettoyage ethnique des années 1915 à 1955 (soit du génocide arménien au pogrom d'Istanbul : l'historiographie officielle turque ne reconnaît et n'admet aucun de ces termes). Ce sont les Arméniens de Turquie, les Grecs micrasiates (dont les pontiques), les Assyriens (dont les Syriaques orthodoxes Rumlar Süryani ou catholiques Franglar Süryani) et les Chaldéens (catholiques Keldani ou nestoriens Nasturi).

Ces minorités chrétiennes n'ont cessé de s'amenuiser au fil des ans par conversion à l'islam qui leur a historiquement permis d'échapper aux génocides, massacres et autres déportations, et plus récemment aux discriminations administratives, scolaires, fiscales et foncières[41]. Leur importance numérique est, depuis 1965, impossible à estimer objectivement, certaines sources parlant de plusieurs dizaines, voire centaines de milliers de Hémichis (musulmans de langue arménienne) et de Pontiques musulmans.

Parmi les intellectuels turcs des provinces littorales de la mer Noire, notamment celle du Pont, il y a eu ces dernières années un regain d'intérêt pour la diversité réelle des origines, pas toutes turques et musulmanes comme l'affirme la propagande officielle, qui empêche les recherches indépendantes et incite les familles, les villages et les régions qui ont vécu les génocides et massacres ethniques du passé à taire et occulter ce passé, voire à détruire les archives. Ce regain d'intérêt se manifeste par exemple par le Dictionnaire encyclopédique de la Mer Noire, basé sur les recherches du journaliste Özhan Öztürk, mais aussi les œuvres d'Ömer Asan (musulman pontique) et de Selma Koçiva (Laze musulmane), et plus récemment, en 2005, par la publication du livre Ma grand-mère de Fethiye Çetin, relatant la vie de sa grand-mère née arménienne mais orpheline adoptée par une famille musulmane après le génocide, et par la réalisation du film de Yeşim Ustaoğlu, En attendant les nuages, montrant l'histoire d'une Pontique musulmane, rescapée du massacre de sa famille après avoir été adoptée enfant par une famille turque voisine, qui retrouve dans les années 1970 ses racines en découvrant qu'elle a un frère grec émigré à Salonique (ce film n'a pas été distribué dans les cinémas turcs et les médias turcs se sont déchaînés contre ces auteurs, accusés de « trahison » comme Ömer Asan).

Au XIXe et au XXe siècles, des rumeurs ont fréquemment circulé, reprises par certains voyageurs, au sujet de l'existence de centaines de milliers de crypto-chrétiens, surtout dans des régions rurales et dans les petites villes. Les Alévis en particulier ont été considérés par certains missionnaires évangéliques comme tels, et il y a eu des projets de « reconversion », auxquels les autorités turques ont rapidement mis le holà. Selon ces rumeurs, les rescapés de l'épuration ethnique des chrétiens ottomans, profitant de l'instauration d'une république laïque, se seraient fait passer pour des Alévis afin d'échapper aux exactions. Un fait plus tangible est la survivance de certaines traditions juives, à l'instar de celles des Marranes, principalement parmi les Dönme ou Sabbatéens descendant des fidèles de Sabbataï Tsevi, qui s'était proclamé « messie » et qui évita d'être exécuté en se convertissant à l'islam en 1666.

Le tableau ci-dessous concerne la population en Turquie suivant le pays de naissance. L'écrasante majorité de la population est née dans le pays. La présence de populations nées dans les pays des Balkans (Bulgarie, Macédoine…) concerne essentiellement des personnes se définissant comme Turcs par leur langue maternelle, leur religion et/ou leur appartenance ethnique, et qui ont gagné la Turquie à diverses périodes (Muhadjir à la fin de l'empire ottoman, réfractaires à la bulgarisation forcée, réfugiés de l'ex-Yougoslavie).

Situation des minorités religieuses

Sur le plan religieux, la majorité de la population est (au moins nominalement) musulmane sunnite, mais la Turquie compte également environ 12-13 millions d'alévis[37]. Ceux-ci sont généralement considérés comme des musulmans hétérodoxes mais un grand nombre d'entre eux ne s'estime pas musulman[42]. Ils sont majoritairement turcs mais aussi kurdes[42]. On dénombre aussi 500 000 à 1 500 000 chiites (souvent azéris), surtout dans la région d'Iğdır, proche des frontières avec l'Arménie, l'Azerbaïdjan (Nakhitchevan) et l'Iran, et un nombre indéterminé (100 000 ?) d'Alaouites arabophones ou turcophones dans les régions de Hatay (ex-sandjak d'Alexandrette), Adana et Mersin (ex-Cilicie).

Les observateurs peuvent noter que :

  • Il existe une case « religion » (din) sur la carte d'identité (Nüfus Cuzdani) qu'on peut laisser vierge ou mettre : Müslüman (islam), Rum ortodoks (Église orthodoxe), Ermeni (chrétien arménien), Hristyan (autre chrétien : Keldani, Nasturi ou Süryani par exemple), Musevi ou Dönme. Jusqu'en 2006, il fallait indiquer dans la case une des religions précitées mais depuis 2006, l'État turc permet de laisser la case vierge[43]. En 2010, la Cour européenne des droits de l'homme demande à la Turquie de retirer cette case[43].
  • Contrairement à la quasi-totalité des autres pays à majorité musulmane, il est socialement et juridiquement possible de se dire athée (dinsiz, « sans religion ») en Turquie, mais les écoles publiques comportent un cours de religion musulmane sunnite dans le cursus général et obligatoire sauf pour les élèves des trois minorités reconnues (Grecs orthodoxes, Arméniens apostoliques et Juifs). Un parent alévi n'a pas eu gain de cause en justice en contestant le caractère obligatoire de ces cours[44].
  • Il existe une fondation (waqf) religieuse, laTürk Diyanet Vakfi qui forme aux frais de l'État des imams et des enseignants de religion dans des écoles professionnelles spécifiques (les lycées İmam hatip) et en envoie certains dans ses succursales (dirigées par des fonctionnaires consulaires) à travers le monde, là où existent des communautés musulmanes turcophones. Cependant, il n'existe qu'une Diyanet pour les musulmans sunnites, même si certains Alévis ont récemment demandé la création d'une Diyanet alévie[45]. Les demandes de permis de bâtir pour les temples alévis (cem - lire djem) sont régulièrement refusés, celles pour des mosquées chiites sont acceptées, mais non financées par la Diyanet[44].
  • Seules trois minorités religieuses sont reconnues officiellement, conformément au Traité de Lausanne du 24 juillet 1923, et ont donc le droit de maintenir des écoles spécifiques : les Grecs orthodoxes (sous l'égide du Patriarcat œcuménique de Constantinople), les Arméniens apostoliques (sous l'égide du Patriarcat arménien de Constantinople) et les Juifs.
  • Voir aussi Église orthodoxe turque, Sabbatéens.

Immigration

Population par pays de naissance
2011[46] 2015[47] 2019[48] 2020[48]
Population totale 74 526 000 78 741 053 82 003 882 83 154 997
Turquie 73 569 000 77 148 616 78 345 669 79 121 186
Population totale née à l'étranger 957 000 1 592 437 3 658 213 4 033 811
Inconnus 1 379 723 1 365 217
Bulgarie 409 000 378 658 362 749 361 904
Irak 9 000 97 500 283 759 313 806
Allemagne 156 000 263 318 281 867 292 437
Syrie 6 000 76 400 163 808 217 901
Afghanistan 16 000 38 692 115 162 142 423
Turkménistan 5 000 24 937 71 187 136 881
Iran 9 000 36 200 80 161 108 547
Azerbaïdjan 25 000 52 836 85 264 97 847
Ouzbékistan 18 000 36 083 63 244 77 968
Russie 13 000 34 486 47 178 56 974
Arabie saoudite 5 000 14 573 41 320 53 239
Macédoine du Nord 83 000 43 400 39 980 38 791
France 10 000 28 507 33 929 37 524
Kazakhstan 12 000 21 546 29 454 36 216
Pays-Bas 9 000 32 345 34 589 35 655
Royaume-Uni 8 000 32 140 30 574 33 367
Kirghizistan 4 000 17 235 26 656 32 689
Égypte 5 067 25 625 31 656
Ukraine 5 000 20 547 25 991 29 793
Grèce 33 000 26 928 24 459 29 614
Belgique 5 000 26 531 28 263 29 489
Géorgie 5 000 25 019 26 537 29 285
Libye 2 000 16 442 22 483 28 044
États-Unis 11 000 24 026 24 858 26 614
Autriche 6 000 18 609 22 885 24 172
Chine 2 000 12 426 16 037 20 776
Jordanie 10 759 17 261
Somalie 7 234 16 164
Maroc 10 038 15 952
Moldavie 5 000 13 472 14 693 14 860
Yémen 11 411 14 778
Suisse 8 000 13 453 14 199 14 743
Palestine 10 536 14 737
Algérie 5 797 10 462
Koweït 5 540 9 591
Pakistan 6 398 9 430
Roumanie 10 000 9 512 8 891 8 914
Serbie et Monténégro 9 000 9 201 8 958 8 691
Liban 5 777 8 434
Nigeria 5 052 8 202
Émirats arabes unis 4 906 7 930
Indonésie 4 920 6 500
Suède 5 586 6 364
Tadjikistan 4 293 5 514
Australie 5 167 5 341
Danemark 4 939 5 223

En 2019, les principaux pays d'origine des immigrés en Turquie sont : le Turkménistan (+ 65 936), la Syrie (+ 35 139), l'Afghanistan (+ 30 438), l'Irak (+ 25 198) et l'Iran (+ 24 347)[49],[50].

Estimation de la population immigrée

Estimation de la population immigrée[51]
2019
Population totale en Turquie 82 003 882
Population immigrée totale 5 876 829
Syrie 3 743 494
Bulgarie 652 900
Allemagne 371 430
Irak 230 277
Macédoine du Nord 195 449
Iran 83 183
Grèce 80 407
Pays-Bas 29 630
Roumanie 28 155
Russie 26 967
Royaume-Uni 25 680
Azerbaïdjan 22 792
France 21 690
Autriche 19 463
États-Unis 18 435
Afghanistan 18 390
Chypre 14 107
Suisse 14 077
Belgique 11 881
Ouzbékistan 10 813
Géorgie 8 837
Suède 7 240
Kazakhstan 6 781
Arabie saoudite 5 971
Ukraine 5 672
Norvège 4 823
Pologne 4 635
Danemark 4 567
Albanie 4 495
Libye 4 167
Australie 3 984
Italie 3 857
Israël 3 690
Bosnie-Herzégovine 3 212
Moldavie 3 165
Somalie 2 942
Turkménistan 2 758
Japon 2 715
Kirghizistan 2 662
Chine 2 385
Finlande 2 267
Canada 1 934
Espagne 1 640
Pakistan 1 579
République tchèque 1 537
Liban 1 534
Jordanie 1 241
Nigeria 1 189
Arménie 1 076
Égypte 1 065
Palestine 1 000

Population par nationalité en Turquie

2015 2018
Population Totale en Turquie 77.695.904 80.810.525
Turquie 77.177.625 79.891.464
Population étrangère totale 518.279 919.061
Irak 47.219 201.082
Afghanistan 33.569 79.640
Allemagne 63.183 77.224
Syrie 50.903 64.586
Azerbaïdjan 30.205 51.564
Iran 21.900 44.943
Turkménistan 18.418 42.841
Ouzbékistan 10.964 31.593
Russie 21.599 24.254
Géorgie 19.091 23.246
Ukraine 12.936 18.684
Kirghizistan 10.575 18.562
Libye 6.168 15.810
Égypte 2.735 14.546
Autriche 10.453 14.362
Kazakhstan 11.853 12.586
Chine 8.298 12.440
Royaume-Uni 14.883 10.263
Moldavie 7.028 9.213
Bulgarie 9.153 8.445
Palestine 2.526 8.264
Yémen 1.276 7.069
États-Unis 8.897 6.861
Maroc 2.283 5.503
Jordanie 1.526 5.303
Pays-Bas 5.287 5.166
Nigeria 1.714 4.437
Inde 1.150 4.131
Indonésie 2.438 3.869
Pakistan 1.980 3.711
Somalie 4.202 3.365
Philippines 1.648 3.159
Tadjikistan 1.221 3.091
France 3.782 3.047
Albanie 1.651 2.908
Corée du Sud 3.905 2.882
Algérie 806 2.664
Danemark 2.597 2.584
Arabie saoudite 551 2.436
Italie 2.909 2.236
Biélorussie 1.110 2.095

Source :https://ec.europa.eu/eurostat/fr/data/database

Références

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  2. Le taux de variation de la population 2018 correspond à la somme du solde naturel 2018 et du solde migratoire 2018 divisée par la population au 1er janvier 2018.
  3. Indicateurs du World-Factbook publié par la CIA.
  4. L'indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) pour 2019 est la somme des taux de fécondité par âge observés en 2019. Cet indicateur peut être interprété comme le nombre moyen d'enfants qu'aurait une génération fictive de femmes qui connaîtrait, tout au long de leur vie féconde, les taux de fécondité par âge observés en 2019. Il est exprimé en nombre d’enfants par femme. C’est un indicateur synthétique des taux de fécondité par âge de 2019.
  5. Indicateurs du World-Factbook publié par la CIA.
  6. Le taux de natalité 2018 est le rapport du nombre de naissances vivantes en 2018 à la population totale moyenne de 2018.
  7. Indicateurs du World-Factbook publié par la CIA.
  8. Le taux de mortalité 2018 est le rapport du nombre de décès, au cours de 2018, à la population moyenne de 2018.
  9. Indicateurs du World-Factbook publié par la CIA.
  10. Le taux de mortalité infantile est le rapport entre le nombre d'enfants décédés à moins d'un an et l'ensemble des enfants nés vivants.
  11. L'espérance de vie à la naissance en 2018 est égale à la durée de vie moyenne d'une génération fictive qui connaîtrait tout au long de son existence les conditions de mortalité par âge de 2018. C'est un indicateur synthétique des taux de mortalité par âge de 2018.
  12. L'âge médian est l'âge qui divise la population en deux groupes numériquement égaux, la moitié est plus jeune et l'autre moitié est plus âgée.
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Liens externes

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